Vie de foi

Conversion instantanée ou processus? Quels enjeux?

La conversion a-t-elle lieu en intégralité à un moment donné ou peut-elle être un processus ? Cette question peut se poser sous différents angles.

  • Les sciences bibliques s’appliqueront à analyser les parcours des personnages bibliques, d’Abraham aux apôtres.
  • La dogmatique vérifiera quel système est cohérent à partir des éléments de réponse présents dans la Bible.
  • La psychologie et la sociologie des religions tenteront de cerner les parcours des personnes qui disent avoir vécu une conversion pour analyser leur cheminement et vérifier comment cela se déroule dans la pratique.

Ce dernier angle est peut-être le moins souvent considéré et pourtant complémentaire. Il est possible de recourir aux sciences humaines pour interroger les vérités absolues et découvrir de nouveaux angles jusqu’alors inexplorés sur la manière dont l’Évangile rencontre la réalité. La psychologie des religions est fascinée par le sujet de la conversion et étudie cette question depuis une centaine d’années. Cet intérêt vient du fait que la conversion touche une question existentielle pour quiconque s’intéresse au fonctionnement humain.

Que faut-il pour que les gens changent ?

Pasteurs, évangélistes mais aussi médecins, psychothérapeutes, juges et bien d’autres seraient assurément intéressés d’avoir une réponse à cette question ! Lorsque l’on parle de conversion, il ne s’agit pas de la petite modification de comportement qui suit les résolutions de nouvelle année mais d’une transformation radicale et profonde de l’identité. Celle-ci est l’œuvre de l’Esprit, rajouteront les chrétiens. Au sujet de la conversion, la Bible souligne que l’homme a sa part et que Dieu a la sienne sans jamais préciser exactement comment elles s’articulent. L’Esprit de Dieu est à l’œuvre à travers nos fonctionnements psychiques et il peut se révéler au sein même des fonctionnements qu’il a créé. C’est l’un des aspects de la création de l’être humain par Dieu et donc d’une anthropologie bibliquement fondée. De nombreuses questions ayant trait à la conversion mériteraient d’être traitées de manière approfondie, mais je me limiterai ici à celle du processus de conversion qui demande à être considéré dans sa globalité.

La conversion, un accent évangélique

Pour les Églises évangéliques, « la conversion est l’expérience de mutation forte à l’origine de la vie chrétienne authentique »[1]. L’accent sur la conversion, « le conversionnisme »[2] est un des points caractéristique des Églises évangéliques, c’est dire l’importance du sujet.

Le CNEF, sur sa page internet « que croient les évangéliques ?» la décrit comme un « choix personnel et un engagement individuel »[3] dont découle naturellement un baptême d’adulte.  L’accent est placé sur la réponse humaine personnelle qui est vue comme un choix individuel qui touche tous les domaines de la vie :

  • l’intellect
  • les émotions
  • la perception du sens de la vie
  • et la vie relationnelle.

En se convertissant, le chrétien fait le choix d’entrer dans une relation privilégiée et réconciliée avec le Dieu de Jésus-Christ mais aussi dans une communauté de foi : l’Église. Dans les milieux évangéliques, cette expérience est celle qui garantit l’authenticité de la foi : un chrétien converti est considéré comme un « vrai chrétien » par opposition à ceux qui s’identifient au christianisme uniquement en tant que tradition religieuse. La conversion est vue comme une démarche dynamique et active : le chrétien renonce à être son propre maître et choisit de se soumettre à la volonté de Dieu pour sa vie en accueillant l’amour de Dieu et en acceptant le pardon pour ses péchés. Cette conversion peut être l’expérience de personnes qui ont grandi dans les milieux chrétiens, mais aussi de personnes extérieures, avec ou sans autre religion, qui ont été touchées par le message de l’Évangile.

La conversion implique une rupture

Lorsqu’on demande à quelqu’un de raconter sa conversion, c’est-à-dire son « expérience de mutation », que veut-on dire précisément ? Le point culminant de sa décision pour Dieu ou un récit revisité de sa vie qui met en lumière le cheminement qui s’est opéré ? Il n’est pas rare de rencontrer des chrétiens capables de donner la date exacte du jour où ils se sont convertis. Certains disent qu’ils ont été « sauvés » ce jour-là. Ils peuvent parfois même donner l’heure et l’endroit précis où ils se trouvaient. Ils décrivent leur vie d’avant la conversion de manière détaillée, parlent du pardon reçu pour leurs péchés et le contraste avec la vie nouvelle est saisissant.

  • Avant il y avait les ténèbres, le péché, la violence, la haine
  • Après : la lumière, le pardon, la paix et l’amour.

Leur témoignage de conversion suit les grandes lignes de celui de l’apôtre Paul (Ac 9.3-19) et témoigne d’une intervention extraordinaire et massive de la part de Dieu: une lumière éclatante, une chute et une voix audible par tous qui résulte en un changement radical. En un instant, Saul qui persécutait les chrétiens, est devenu l’apôtre Paul qui sera une bénédiction pour l’Église et la propagation de l’Évangile. Cela arrive encore aujourd’hui que la rencontre avec Christ provoque un véritable demi-tour de façon abrupte et change une personne en profondeur à un moment donné.

Cette rupture permet de prendre au sérieux l’appel du Christ à mourir et à renaître avec lui. La nouvelle naissance offerte par Dieu est un lieu de recommencements, de débuts, de changement où l’on laisse la vieille nature pour en revêtir une nouvelle par la grâce du Saint-Esprit.

Une naissance est un événement important, une vie nouvelle qui a besoin d’être accueillie dans une famille, l’Église. Le témoignage donné lors du baptême en témoigne en affirmant une décision personnelle claire pour Jésus et pour son Église qui provoque une rupture et qui engage. Le baptême est un jalon important dans la vie de foi : un moment précis, communautaire et public durant lequel le chrétien répond à l’amour de Dieu.

L’Église aura la responsabilité de continuer à accompagner la personne dans sa vie de foi et de l’aider à rester fidèle aux engagements de baptême. D’ailleurs la symbolique même du baptême par immersion met en scène ce qui s’est déjà produit dans le cœur de la personne : en étant enseveli avec Christ, le chrétien ressuscite avec lui, en lui. (Ga 2.20)  Le baptême sur confession de foi laisse la personne active dans la confession de cette rupture. Le chrétien baptisé se joint ainsi à la prière de Jésus « ta volonté et non la mienne» (Lc 22.42) et décide d’avancer dans la confiance et l’obéissance avec Dieu et avec son Église.

Lofland & Skonovd[4]  soulignent que cette conversion radicale a pu être déclenchée de différentes manières. Certaines personnes racontent à quel point elles ont été interpellées, touchées et transformées par un texte biblique, d’autres par la manière surnaturelle dont Dieu est intervenu dans une situation, ou encore une forte émotion lors d’une soirée d’évangélisation, un culte, un camp ou une discussion avec d’autres chrétiens.  Les témoignages de conversion sont variés. Ils le sont dans le Nouveau Testament comme ils le sont dans la vie aujourd’hui ! La rupture est nécessaire bien qu’elle puisse prendre différentes formes. La décision de donner sa vie au Seigneur et de suivre Jésus permet de relire les expériences passées et d’envisager les choix futurs à la lumière des enseignements de la Bible et en se sachant accompagné du Saint-Esprit.

La conversion implique une continuité

Pourtant, si l’on en croit les sciences humaines, cette expérience de rupture absolue et concentrée en un événement n’est pas la plus répandue.

  • De nombreux chrétiens, et particulièrement ceux qui ont grandi et évolué dans une Église, peinent à dater leur expérience de conversion ou ont l’impression de ne pas avoir de réel témoignage à raconter. Pour les personnes dans cette situation, la pression peut alors être grande de trouver une « bonne histoire » à raconter, quitte à broder un peu, ou de douter chroniquement de leur conversion.
  • Certains sont paralysés dans l’attente de vivre «le moment de conversion » alors qu’ils connaissent Dieu depuis des années et qu’il ne leur manque qu’un positionnement clair. S’ils sont amenés à donner leur témoignage, ils hausseront les épaules en disant qu’ils ont grandi dans une famille chrétienne puis donneront quelques moments importants dans leur parcours spirituel. Ils ne pourront pas nommer un instant précis où tout a basculé dans un feu d’artifice émotionnel.
  • Certains disent avec honnêteté qu’ils ne savent pas vraiment à quel moment ils sont devenus chrétiens, mais qu’ils constatent l’œuvre de Dieu dans leur vie. Ces témoignages ne culminent pas en un avant/après foudroyant, mais se décrivent comme un processus rythmé par des rencontres décisives avec d’autres chrétiens, des prières, la découverte de la Bible ainsi que des expériences faites à divers endroits (l’Église locale, les camps chrétiens, les rassemblements…). Pour ces chrétiens la conversion repose davantage sur un processus étalé sur des mois, des années ou même une vie et qui aboutit à un engagement à suivre le Christ que sur un événement unique et transformateur. S’il est difficile de dater la conversion de façon précise, n’a-t-elle pour autant pas eu lieu ?

La psychologie des religions s’est penchée sur les trajectoires diverses et variées des personnes qui disent avoir vécu une conversion. Certaines personnes racontent un cheminement fait de plusieurs étapes et d’autres un moment clé où tout a basculé.

Les études constatent cependant que, même si la personne a la certitude d’une conversion radicale à un moment donné, elle y a été préparée de longue date. William R. Miller, professeur de psychologie et de psychiatrie, décrit la conversion comme un processus créatif préparé dans le temps. La conversion donne lieu à un changement identitaire réel et tangible qui est le fruit de différents éléments rassemblés au fil de l’histoire de la personne et couplés à des pressions internes (désirs, besoins, manques, etc.) et externes (pression de groupe, rencontres inspirantes, etc.). Tout ce processus créatif peut mener une personne à un point où tout le système de croyance et de pensée bascule. Cette conversion provoque un changement tangible sur le plan émotionnel : la personne est inondée d’une paix profonde et est plus sûre d’elle-même. Elle est parfois guérie de troubles psychiques et trouve une stabilité qu’elle n’avait pas auparavant. La conversion donne un nouveau sens de dignité à la personne qui se sait aimée de Dieu et pardonnée.

En effet, il est extrêmement rare qu’une personne change du tout au tout sans préparatifs préalables. Dans la situation de conversion de Saul de Tarse évoquée précédemment et qui sert souvent d’histoire-type de la conversion radicale, la préparation a aussi joué un rôle clé. Saul de Tarse était issu d’une famille juive, donc monothéiste, et est devenu un pharisien lettré qui maîtrisait les Écritures. Il avait eu des contacts avec des chrétiens et est notamment cité comme faisant partie de ceux présents lors de la lapidation d’Étienne (Actes 7.58). Il avait probablement étudié les hérésies propagées par Jésus de Nazareth pour justifier et défendre sa campagne de persécution. Tous ces éléments étaient déjà en place avant sa conversion, mais ce n’est que quand Dieu l’a arrêté que tout a basculé pour lui. Il s’est écroulé puis s’est relevé pris de cécité à l’image de celle qui l’avait accompagné jusque-là. Sa conversion spectaculaire, bien que clairement définie dans le temps et racontée avec de nombreux détails dans le livre des Actes a bel et bien été préparée tout au long de sa vie. Comme dans cet exemple, la conversion est bien souvent un mélange de continuité et de rupture : continuité dans le processus et rupture dans les changements qui s’opèrent et qui transforment les cœurs à l’image de Christ. L’Évangile ne se focalise pas sur la localisation précise de l’événement de conversion mais sur les fruits qui en découlent : la réconciliation avec Dieu et avec les autres.

Comme pour Paul, les personnes qui ont été en contact proche avec l’Église peuvent témoigner des nombreux jalons posés tout au long de leur vie et qui ont préparé l’expérience de conversion : l’exposition à la parole de Dieu, les exemples autour de soi, l’enseignement, les relations avec les amis, les prières exaucées mais aussi les expériences extraordinaires de plus grands rassemblements et les colos. Pendant des années, le jeune est exposé à la parole et à la présence de Dieu de différentes manières. Avec l’envol hors du nid familial, le jeune adulte est mis face à la nécessité de faire des choix et de prendre des décisions engageantes qui mettent les valeurs du royaume de Dieu en tension avec celles du monde. Bien sûr, ce n’est là qu’un survol des ingrédients qui ont façonné l’identité de jeunes ayant grandi dans des familles chrétiennes, et ne se suffisent pas à eux-mêmes pour être appelé « conversion ». Cependant, si la personne fait le choix de se les approprier et de construire à partir de ce qui a été véhiculé et transmis, celles-ci feront partie intégrante de son processus de conversion.

Quelles conséquences?

Nous l’avons vu, la conversion est à la fois un lieu de rupture et un lieu de continuité. Cela soulève des questions importantes pour la pratique en Église. La conversion est-elle perçue comme un modèle unique ? En 1902, le psychologue William James critiquait le fait que les conversions étudiées par son confrère Starbuck étaient « coulées dans un même moule grâce à la doctrine reçue, aux exhortations et à l’exemple[5] Est-ce encore le cas aujourd’hui ? Quels sont les avantages à donner davantage d’espace à la fois à la continuité et aux points de rupture ? Dans tous les cas, il est nécessaire de faire place à la réalité des cheminements de foi pour que les témoignages puissent être authentiques. Cela encouragera l’Église à aller de l’avant dans la reconnaissance du rôle qu’elle a pu jouer dans le processus de conversion.

L’authenticité.

L’expérience de la conversion est appelée à être communiquée. Une personne qui a vécu une expérience ou des expériences avec Dieu a besoin d’en parler de manière authentique pour pouvoir se les approprier, prendre du recul et enrichir sa compréhension des événements passés. La culture d’Église façonne fortement la manière dont le récit de conversion est construit. Les faits sont inexorablement revisités pour pouvoir être exprimés selon le récit culturellement validé. Il y a d’une part ce qui a été réellement vécu par une personne dans sa relation avec Dieu et avec l’Église, et d’autre part la manière dont l’expérience est relue pour être retraduite.

Ainsi, lorsque l’on entend les témoignages – y compris de jeunes ayant grandi dans les Églises – le schéma classique qui ressort très fréquemment est celui-ci :

  1. Vie de désordre
  2. Improbabilité de la rencontre avec Dieu
  3. Conversion à un instant T et
  4. Réorientation de sa vie.

Il n’y a aucun problème avec ce schéma si ce n’est que tous les cheminements ne se sont pas forcément passés ainsi et que même, si l’on en croit les études menées, la majorité des personnes ont plutôt vécu un cheminement en étape qui pourrait être exprimé lors du témoignage.

Lors de mon propre baptême, j’ai façonné mon témoignage (sans en être pleinement consciente) pour qu’il rentre dans les catégories attendues. L’essentiel de mon témoignage se concentrait sur l’instant de ma décision personnelle, et je n’ai consacré que peu d’espace à toutes les étapes qui m’ont permis d’en arriver là : grandir dans une famille chrétienne et engagée au service de l’Église, les enseignements et encouragements reçus tout au long des 18 ans qui précédaient mon baptême. Aujourd’hui, 20 ans plus tard, je comprends que ce moment de décision était important, mais que les étapes vécues auparavant et les personnes présentes le long du chemin auraient mérité beaucoup plus d’attention. Mon témoigne était-il inauthentique ? Je ne le crois pas, mais il était à mon sens tronqué pour répondre à l’attente culturellement validée, ou au minimum, ce que je percevais comme tel.

La reconnaissance.

Admettre que la plupart des conversions sont le fruit d’un processus permet d’exprimer sa reconnaissance pour les personnes, les lieux et les organisations qui ont participé à la décision personnelle pour Christ. En effet, donner trop d’importance au « moment où tout a basculé », aussi croustillant soit-il, c’est négliger les bénédictions qui y ont mené. Concevoir la conversion comme un processus qui s’inscrit bien souvent dans une continuité permet de donner une juste place aux expériences spirituelles, aux rencontres, aux paroles décisives dans un témoignage de foi.

Encouragement.

Quand la reconnaissance est exprimée et qu’un juste poids lui est accordé, l’Église s’en trouve encouragée dans sa foi et dans son service. En effet, c’est un bonheur d’entendre qu’une graine jetée en terre à un moment donné a porté du fruit. Comme le raconte la parabole de la semence en Marc 4.26, c’est ainsi que fonctionne le royaume des cieux : des graines sont semées, elles poussent sans que l’on sache bien comment, avant d’atteindre la maturité et d’être prêtes pour la moisson. Tous ceux qui dans l’Église sèment des graines à travers le témoignage, le service et la prière se trouvent encouragés et fortifiés lorsqu’une personne peut témoigner de ce qui a germé et est arrivé à maturité dans sa vie. Certaines personnes étaient présentes pour semer, d’autres pour récolter en assistant au moment de la décision, mais toutes ont contribué au processus et peuvent se tourner avec reconnaissance vers celui qui a fait pousser la graine et qui l’a menée à maturation.

Aller de l’avant.

Reconnaître la conversion comme étant inscrite dans un processus accompagné par d’autres, permet aussi de s’inscrire dans un récit qui ne se cristallise pas sur un instant donné, mais qui n’est que le début de l’histoire. En effet, s’il est important de raconter comment on est arrivé au point de conversion, il est aussi important d’exprimer les perspectives ouvertes par la décision pour Jésus. En relisant son parcours de vie avec Jésus, le croyant peut alors se projeter vers l’avenir avec les défis que la parole de Dieu lui lance et les aventures à vivre ensemble. Comme le souligne Henri Blocher dans le « Dictionnaire de théologie pratique », il n’est pas aisé d’évaluer si une conversion a eu lieu ou non, mais « le critère de la persévérance jusqu’au bout semble le plus fiable » [6]. La conversion ne s’arrête pas le « jour de la conversion ». Elle est appelée à se reproduire jour après jour pour orienter sa vie selon le nouveau maître désigné le jour du baptême.

Quelques mots pour conclure

La conversion est un point de convergence, un rendez-vous divin orchestré par le Saint-Esprit où tout s’organise de façon nouvelle et pousse une personne à se positionner face à Dieu. Les routes qui convergent vers ce rendez-vous sont diverses et variées. Elles sont ornées à la fois de belles expériences qui poussent la personne vers Christ, mais aussi de freins et d’épreuves plus difficiles qui peuvent l’en détourner. Ce rendez-vous divin est parfois clairement délimité dans le temps avec un avant et un après. D’autres fois, il est plus diffus ou composé de plusieurs petites rencontres qui construisent les unes sur les autres et révèlent différents aspects de Dieu à la personne. Le constat s’impose : le Saint-Esprit a sa manière particulière de travailler les cœurs et il ne manque pas de surprendre.

Par son action, la personne peut relire son histoire à la lumière des Évangiles. Un tri s’opère alors dans ses valeurs, ses buts, ses objectifs, son attitude. Mais plus profondément encore, elle reçoit une nouvelle identité en Christ et change de perspective sur le monde qui l’entoure. Le Saint-Esprit est présent et fait son œuvre quel que soit le parcours. N’est-ce pas là le miracle de la conversion ? Elle restera toujours un mystère composé de cheminements humains, de l’appel incessant de Dieu et d’expériences vécues. Aussi, la question est posée : Quelle place y a-t-il pour exprimer la conversion de diverses manières ? L’Église a beaucoup à gagner à ce que chacun puisse formuler le chemin qui l’a mené à Christ de la manière la plus authentique possible sans le résumer au moment de la prise de décision. De cette manière, toute l’Église pourra être encouragée dans la réalité de la présence de Dieu, dans l’expression de sa diversité et dans l’exercice de ses dons.


[1] H. Blocher, « conversion », in Dictionnaire de Théologie Pratique, sous dir. C. Paya, Charols, Excelsis, 2011, p.198-205

[2] Selon la typologie de David Bebbington

[3] « On ne naît pas évangélique, on le devient par choix personnel et engagement individuel. C’est ce qui explique l’importance accordée au baptême d’adulte. Celui-ci est l’expression publique d’une foi vécue et assumée, à l’opposé d’une simple tradition. »

[4] Lofland, John & Skonovd, Norman, « Conversion Motifs », Journal for the scientific Study of Religion 20/4, 1981, 373-385

[5] William James, 1906

[6] H. Blocher, « conversion », in Dictionnaire de Théologie Pratique, sous dir. C. Paya, Charols, Excelsis, 2011, p.198-205

Article publié dans les Cahiers de l’école pastorale 102, 4/2016

Marie-Noëlle Yoder est pasteure mennonite et enseignante en théologie pratique et en éthique au centre de formation du Bienenberg (Suisse).

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