Quotidien Vie de foi

Le coronavirus et l’Évangile

Le monde qui nous entoure n’a plus qu’un mot à la bouche : coronavirus. Nous sommes probablement nous-mêmes aspirés dans cette spirale. Coronavirus: un mot accompagné de peur de souffrir, d’angoisses du lendemain et de suspicion de l’autre susceptible de nous contaminer.

  • Qui va mourir? Souffrir?
  • Ai-je touché une surface contaminée?
  • Vais-je être concernée, moi ou mes proches?
  • Jusqu’à quand sera-t-il recommandé de restreindre ses relations?

Dans ce temps particulier, l’Église est à la même enseigne que les autres institutions, elle doit annuler ses rassemblements pour ralentir la propagation du virus. Ainsi les chrétiens vivent les mêmes choses que toute la population : de nombreuses personnes sont malades et hospitalisées.

Seigneur, guéris-les et relève-les.

La confiance à la place de la peur

Dans ces circonstances, les mots de Jésus dans le sermon sur la montagne, résonnent avec force :

 « Ne vous inquiétez pas du lendemain, car le lendemain s’inquiètera de lui-même. A chaque jour suffit sa peine. » (Mt 6.34)

Seigneur apprends-nous

Ne pas s’inquiéter. Ne pas céder à la peur qui résonne en nous et qui est si souvent véhiculée par les médias à la place de l’entraide, de la solidarité et de l’amour de l’autre.

Choisir, de marcher dans la confiance ; la confiance dans le Dieu d’amour. La confiance que Dieu sera avec nous sur le chemin et nous aidera à faire face aux obstacles pour nous et pour les autres.

Ne pas s’inquiéter, mais choisir la confiance. Tout un programme. Nous ne sommes pas des habitués des épidémies. Aucun d’entre nous n’a déjà vécu cette situation. Notre inexpertise peut nous mener à porter nos regards sur le passé et à en tirer des leçons pour le présent.

Apprendre du passé

D’autres chrétiens, au premier siècle, ont déjà rencontré des pandémies et ils nous ont laissé un témoignage impressionnant. J’aimerais le partager avec vous ici :

« Après d’intenses persécutions contre les chrétiens en l’an 250, quelque chose d’inattendu s’est produit : une épidémie, probablement de la rougeole. Des milliers de personnes sont mortes -entre un tiers et la moitié de la population. Les païens riches se retiraient dans leur propriété à la campagne, où l’air était meilleur. Que pouvaient faire les chrétiens ?

L’évêque Cyprien a réuni les chrétiens de Carthage et leur a dit en substance : « vous avez été persécutés par les païens. Et voici que vous êtes touchés par l’épidémie, comme les païens. Je sais que certains d’entre vous voudraient quitter la ville, mais je vous demande de rester pour soigner les gens, pour procurer de l’eau et du pain aux malades. Je vous demande de prendre soin non seulement des chrétiens, mais aussi de vos ennemis les païens. Souvenez-vous du Sermon sur la montagne. Jésus nous dit d’aimer non ennemis, d’aimer ceux qui nous persécutent. Il nous dit que Dieu fait pleuvoir sur les justes et les injustes. Il nous dit d’être les imitateurs de Dieu. Les païens ont peur de mourir. Mais nous chrétiens nous pouvons prendre des risques, nous n’avons pas besoin d’avoir peur, puisque Christ a vaincu la mort et nous a préparé une place. Nous pouvons prendre le risque de soigner les malades. Si nous mourrons, nous sommes en sécurité. Que se passera-t-il si nous ne prenons pas soin des malades ? Les gens diront que notre foi ne vaut rien. Ils diront que nous ne croyons pas vraiment en la résurrection. »

Et Cyprien a prononcé une phrase caractéristique de l’Église de l’époque :

A quoi cela sert-il de prôner la vertu en paroles et de se contredire dans les actes ? Les chrétiens ont soigné les chrétiens, mais ils se sont aussi occupés des païens. Certains chrétiens sont décédés ; mais les malades soignés avaient plus de chance de survivre. Les gens disaient des chrétiens en les voyant à l’œuvre : ils sont prêts à prendre des risques et leur foi est efficace ; ils s’aiment d’une manière toute pratique et ils sont même prêts à aimer leurs ennemis.

Ceci a contribué à une croissance encore plus rapide de l’Église.»

(Extrait adapté du livre «Catéchèse, baptême et mission», Alan Kreider)

Ce témoignage est magnifique. L’espérance des chrétiens les a poussés à aimer malgré la maladie ; et même à aimer l’autre jusque dans la maladie. Bien sûr, nous voulons protéger les autres si nous sommes malades, et éviter de risquer la contagion si nous savons que l’autre est malade.

Toutefois, la même question qui se posait au premier siècle se pose aussi à nous.

Comment continuer d’aimer en situation de pandémie?

Dans ce temps où nous sommes tous et toutes déboussolés, Jésus nous indique le Nord. Il nous montre ce qui est au centre de nos vies chrétiennes:

« Cherchez d’abord le règne de Dieu et sa justice » (Mt 6.33).

La justice de Dieu se manifeste par l’amour que nous portons à ceux et celles qui nous entourent. L’espérance des chrétiens fait toute la différence dans des temps de peurs. Que par elle, nous puissions être délivrés de nos propres peurs et travailler de multiples manières, selon notre âge et notre niveau de santé, pour témoigner de l’amour de Dieu et de l’espérance à d’autres.

Au sein de l’Église, témoignons de l’amour les uns pour les autres : La solitude peut être particulièrement douloureuse dans ces temps d’isolement alors n’hésitons pas à prendre des nouvelles des uns des autres, à prier les uns pour les autres et à nous soutenir, dans la mesure du possible, de manière toute pratique.

A l’extérieur de l’Église, témoignons de l’espérance qui nous habite: prions pour ceux qui souffrent et soutenons-les d’une manière adaptée à la situation. Une simple carte, un appel ou une prière peuvent faire beaucoup de bien. Si nous sommes malades, restons chez nous et privilégions les contacts par téléphone pour épargner les autres. Si nous ne sommes pas malades, veillons à restreindre nos contacts superflus pour nous préserver et nous permettre de servir d’autres dans la durée.

Que notre espérance nous motive et brille dans l’obscurité !

Nous sommes en sécurité entre les mains du Père céleste.

Marie-Noëlle Yoder est enseignante en théologie pratique et en éthique au centre de formation du Bienenberg (Suisse). Elle est administratrice du blog servirensemble.com. Elle est aussi mère de famille et thérapeute familiale et conjugale.

7 comments on “Le coronavirus et l’Évangile

  1. Claire Poujol

    Des paroles magnifiques de Cyprien.
    De nos jours avec téléphone et mails, plus les réseaux sociaux, il est encore plus facile de rester en contact les uns avec les autres. Merci Marie-Noëlle !

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    • Marie-Noëlle Yoder

      Oui mettons ces moyens à bonne contribution, c’est une sacrée chance pour continuer de travailler et rester en contact avec les proches!

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  2. Baecher Elisabeth

    Très inspirant, merci !

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  3. Magnifique article dans ce moment d’angoisse collective. Merci. Shalom.

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  4. C,est vraiment en courageant en ce moment difficile pour les chrétiens.

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